La promenade en liberté

Je n'insisterai jamais assez sur ce point, la sortie est un besoin fondamental du chien. Mais cette sortie doit être de qualité pour lui permettre de se dépenser physiquement et mentalement. Le chien doit pouvoir explorer son environnement, flairer les odeurs, rencontrer ses congénères…

Cette activité, si bénéfique à l'équilibre émotionnel du chien et au renforcement du lien que nous entretenons avec lui, ne s'improvise pas. Elle nécessite des lieux de promenade relativement sécurisés (à l'écart du trafic automobile: parcs, bois, voies vertes, champs, plages…) et la mise en place de quelques apprentissages.

Le suivi naturel

C’est un comportement naturel du chien que nous allons favoriser, enrichir et exploiter pour gagner en qualité de promenade. Les premières fois, il est nécessaire d'évaluer le suivi naturel dans un environnement clôturé pour écarter tout danger potentiel et se rassurer. Ces conditions de sécurité nous permettent d'éviter de le rappeler sans cesse et de l'ignorer suffisamment pour qu'il apprenne à être attentif à nos déplacements.

"Je veux qu’il s’inquiète… Un peu. Pour cela je peux changer de direction, faire demi-tour brusquement, ou me mettre à courir. A un carrefour de chemins, je prends celui qu’il ne prend pas ".

Le but n’est pas qu’il nous suive comme notre ombre, mais qu’il explore, rencontre et nous rejoigne.

Pour plus de sécurité dans les premiers temps, il est conseillé de lui accrocher une longe en la laissant trainer au sol. Elle nous permet de prendre confiance en lui et de le récupérer facilement en cas de besoin. Une longe de 8 à 10m sera parfaite et son épaisseur dépendra de la taille du chien (plus fine pour les petits chiens).

Le rappel

Pour sa sécurité et pour pouvoir respecter les autres promeneurs, nous devons pouvoir rappeler notre chien. Cet apprentissage absolument nécessaire se fait en deux étapes:

- Le rappel de base est simple et permet de rappeler notre chien dans des circonstances idéales, lorsque nous n'en avons pas besoin. "J'attends le moment propice : quand je suis à proximité, qu’il n’y a pas d’obstacle et un minimum de distraction ". C'est une initiation! A ce stade, nous ne devons pas chercher la performance, mais permettre au chien de proposer le bon comportement.

Rappeler son chien ce n’est pas crier son nom à tue-tête! Il ne faut surtout pas trop insister ou obtenir son attention par un effet de répétition. Il faut capter son attention avec son nom: sans répéter pour ne pas le dévaloriser. On ne répète son nom que si l’on a changé quelque chose comme se déplacer latéralement, se rapprocher, taper dans ses mains ou émettre des sons aigus.

Ce n’est qu'une fois qu'on a obtenu son attention qu’on lui dit "Viens! " sur un ton enjoué et on s'accroupit. L'idée est d'associer le mot à un comportement que je suis sure de faire apparaitre. Le langage corporel doit être cohérent avec les paroles. Comme le fait de s’accroupir fait venir le chien, on dit "Viens! " au moment où l’on se baisse. Il faut donner envie à son chien de revenir: on exagère, on tape des mains, on motive avec des intonations aiguës "Aller! Aller! ".

Lorsque le chien est revenu, on l'accueille avec une friandise dans la main en l'amenant à nous. Cela permet de venir toucher le collier du chien avec l’autre main pour anticiper nos besoins futurs (attache en laisse par exemple) tout en associant la réussite à une récompense immédiate. Dans les premières phases de cet apprentissage, il faut laisser repartir le chien. Il comprendra que revenir au rappel est une bonne nouvelle (friandise et liberté conservée) et il n'associera pas le rappel à l'attache.

Dans cette dynamique, il faut prendre en compte le fait que chaque chien est différent et que certains mettront plus de temps à revenir que d'autres. Si le rappel est difficile, que le chien ne reviens pas, on marche un peu et on recommence plus tard… L'important est de réussir sans s'énerver pour ne pas gâcher l'enthousiasme du chien.

Progressivement, on augmente le niveau de difficulté en jouant sur la distance et les conflits de motivation.

- Le rappel en toute circonstance est l'étape où l'on se heurte aux conflits de motivation. Ils constituent le plus grand obstacle car le chien est distrait par une odeur, un autre chien… Il perd sa motivation à revenir.

Il faut donc passer par une étape qui va nous permettre de le contrarier verbalement pour lui apprendre à renoncer à l’objet de sa motivation. Cela n'a rien à voir avec de l'obéissance! On favorise les bons comportements par le biais d'un exercice simple en lui apprenant que laisser ce n'est pas perdre.

"Je vais le faire asseoir et lui dire, sur un ton enjoué, "Prends" en lui présentant une friandise devant sa truffe. Je vais répéter trois ou quatre fois la séquence avant de lui dire "Laisses" sur un ton grave, contrariant avant de lui présenter la friandise à laquelle il doit renoncer. C'est le contraste dans le ton de ma voix qui va l'aider à comprendre ce que j'attends de lui. S'il tente de prendre, je répète "Tu laisses" un peu plus fermement encore en laissant la friandise devant sa truffe. Vous savez que votre chien a renoncé quand il détourne le regard ou recule sa tête. Là, vous pouvez renforcer le comportement obtenu en lui offrant la friandise: "C'est bien! Prends!". Je répète la séquence deux ou trois fois, puis le laisse retourner à ses occupations ".

Nous pouvons maintenant communiquer dans un langage commun et il n'y a plus qu'à augmenter le niveau de difficulté. D'abord en lui demandant de laisser la friandise que je lui présente dans ma main gauche et en le récompensant dans ma main droite (éventuellement au début avec une récompense plus appétente, comme un bout de fromage). Puis, en lui proposant de prendre la friandise et en l'interrompant pendant qu'il consomme pour arrêter une action commencée. Finalement, vous pourrez laisser tomber la friandise par terre et lui dire de laisser. Les récompenses seront offertes généreusement au début de chaque étape, puis deviendront progressivement aléatoires sur les étapes les plus faciles.  Le but est de généraliser cet apprentissage à n’importe quelle situation et à tout objet, odeur, congénère auquel le chien s’intéresse.

 

Il est donc primordial de banaliser les ressources convoitées: le laisser obtenir souvent ce qui le motive! Cela veut dire avoir des promenades de qualité où le chien peut explorer librement et rencontrer des congénères en évitant de le rappeler quand le niveau de distraction est fort pour ne pas entamer les progrès qu'il peut faire.

Le stop d'urgence

Plutôt qu’un apprentissage, le stop devrait être vu comme une sorte d’initiation. C'est une mesure d'urgence que l'on doit tester en de rares occasions afin de favoriser un impact maximal en cas de besoin (chien qui traverse une route, se précipite vers un ravin…).

Le chien doit pouvoir réagir dans n’importe quelle situation. Il est donc important de ne pas créer d’association à un évènement ou un lieu particulier comme près de la route par exemple. Pour initier le chien au stop d’urgence, on va agir en toute sécurité dans une situation où il n’y aura aucun danger et imaginer une limite virtuelle qui va nous servir de repère pour stopper notre chien. On utilise la longe pour être sûr de réussir et d’aider le chien à comprendre ce que l’on attend de lui.

Les premières fois, l'expérience est réalisée sur un chien sujet à une motivation assez faible. On crie un "stop " exceptionnellement fort pour crisper le chien. Si après un pas ou deux le chien continue d'avancer, on le bloque avec la longe. Par défaut, on ne félicite pas. Cependant, si le chien se montre fébrile, il peut être félicité sobrement pour lui faire comprendre que tout va bien. C’est très important car le but est de l'arrêter dans son élan au moment opportun. Ensuite, seulement, on va lui demander de rester où il est: "Attend ", ou de revenir en fonction de la situation.

Finalement et toujours en de rares occasions, il sera utile de procéder à un petit rappel de la notion en augmentant la difficulté par une dynamique plus rapide ou un complice qui l’appelle au loin par exemple.

Ces quelques exercices, bien menés, apporteront les bases éducatives indispensables aux promenades libres dont le chien a tant besoin. Ces balades sont un trésor pour la relation Homme-Chien et les bénéfices comportementaux et éducatifs sont immenses. Il ne faudrait pas s'en priver!

 

Si, toutefois, vous rencontrez des difficultés, n'hésitez pas à demander les conseils d'un (bon) professionnel.

Célia Gosset

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Commentaires: 2
  • #1

    Michell Digirolamo (jeudi, 02 février 2017 23:03)


    First off I would like to say fantastic blog! I had a quick question in which I'd like to ask if you don't mind. I was curious to know how you center yourself and clear your mind before writing. I have had difficulty clearing my thoughts in getting my thoughts out there. I do take pleasure in writing however it just seems like the first 10 to 15 minutes tend to be wasted simply just trying to figure out how to begin. Any suggestions or tips? Thanks!

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    Célia (vendredi, 03 février 2017 01:52)

    Thanks for the compliment.
    What works for me to avoid writer's block is not to start with the beginning. I begin by organizing the points to be approached and I really start to write only to detail them. Often, the introduction is only written last.